Les jardins du château de Versailles et de Trianon
Le parc de Versailles est l’archétype du jardin régulier construit selon un plan architectural rigoureux et géométrique. Le principe essentiel consiste à dégager les abords des palais pour unir la géométrie des jardins aux lignes de l'architecture. Les massifs d'arbres, plus reculés, deviennent le cadre lointain d'une perspective largement ouverte.
Le domaine de Versailles et de Trianon se compose de trois parties distinctes : - Le Jardin. - Les bosquets, architectures de transition entre les parterres et les grands arbres qui ferment l'horizon. Les bosquets constituent un lieu de promenade et de divertissement. - La forêt, percée de larges allées rectilignes et de carrefours en étoile, aménagée pour la chasse à courre ou à tir.
Le jardin Louis XIV aime les jardins de Versailles autant et peut-être plus que le Château. Presque jusqu'à sa mort, il préside personnellement à leur aménagement, s’y promène souvent, y accompagne des hôtes de marque et des ambassadeurs étrangers. En 1661, il charge André Le Nôtre (1623-1700) de la création et de l’aménagement des jardins. Les travaux sont entrepris juste avant les chantiers d’agrandissement du palais de Louis XIII. Cette entreprise titanesque dure une quarantaine d’années. Louis XIV en fait le cadre de fêtes somptueuses et, vers la fin de sa vie, élabore un itinéraire par lequel il indique la "Manière de montrer les jardins de Versailles". André Le Nôtre ne travaille pas seul : Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) dirige l'ensemble du programme; Charles Le Brun (1619-1690) donne les dessins d’un grand nombre de statues et de fontaines; un peu plus tard, Jules Hardouin-Mansart ordonne des décors de plus en plus sobres et construit en la doublant, la première orangerie de Le Vau. Enfin, le roi lui-même se fait soumettre tous les projets et veut le «détail de tout». La création des jardins demande un travail jusqu’alors inégalé. D’énormes charrois de terre sont nécessaires pour aménager les parterres, l’Orangerie, les bassins, le Canal, là où n’existaient que des bois, des prairies et des marécages. La terre est transportée dans des brouettes, les arbres sont acheminés sur des chariots de toutes les provinces de France; des milliers d’hommes, quelquefois des régiments entiers, participent à cette vaste entreprise. Véritable architecture végétale prolongeant les lignes et les perspectives du Château, les jardins de Versailles furent créés dans l’esprit de réunir l’art et la nature. Construits selon un plan architectural rigoureux et géométrique, ils s’ordonnent autour de deux grands axes qui se coupent à angle droit au niveau de la terrasse et qui commandent de vastes perspectives : - l’axe nord-sud depuis le bassin de Neptune jusqu'à la pièce d’eau des Suisses. - l’axe est-ouest depuis la façade de la galerie des Glaces jusqu'à l’extrémité du Grand Canal. C’est la perspective majeure de Versailles que Le Nôtre a ouvert sur l’infini. Elle conduit le regard jusqu'à l’horizon et mesure 3200 mètres, de la façade du Château à la grille du Parc.
Les bosquets Appelés aussi cabinets de verdure, les bosquets de Versailles ont servi, dès l’époque de Louis XIV, et jusqu’à la fin de l’Ancien Régime, comme salons de plein-air dissimulés au coeur des espaces boisés du petit parc. Partie intégrante des jardins de Versailles, ils sont tour à tour: salles, cabinets, théâtres, galeries. On parlait également de miroirs pour qualifier les bassins, de tapis, de broderies. Certains bosquets étaient dotés de buffets, de tables et même de plafonds végétaux. Un véritable château de plein air a été ainsi édifié en prolongement du château de pierre. Les bosquets étaient des lieux de fêtes et de divertissements où Louis XIV pouvait satisfaire son goût du jeu et du spectacle. Aujourd'hui, des quatorze bosquets, seuls cinq sont en bon état de conservation et ouverts à la visite.
Les jardins du Grand Trianon Bien que ne possédant pas un sens symbolique solaire comme ceux de Versailles, les jardins du Grand Trianon devaient jouer un rôle essentiel aux yeux de Louis XIV. Ouvert de tous côtés, ce « palais de Flore » devait s'intégrer dans la nature domestiquée du parc à la française tracé par le jardinier Le Bouteux, neveu de Le Nôtre. Deux parterres s'étagent successivement : le Jardin Haut ponctué de deux bassins ornés d'enfants par Girardon ; le Jardin Bas avec un bassin décoré par Marsy. L'axe central mène au Plat-Fond orné de dragons dus à Hardy. A droite s'étend un petit bois à l'entrée duquel se trouve le Buffet d'Eau, édifié par Hardouin-Mansart en 1703 à l'emplacement de la cascade du premier Trianon. Seul bassin à thème mythologique de ce jardin, il est orné de sculptures par Mazière, Poirier, Le Lorrain, Hardy et Van Clève, avec pour thème central Neptune et Amphitrite. Le retour vers l'aile de Trianon-sous-Bois s'effectue par la Salle Verte suivie d’un parterre surmonté de la Salle des Antiques, ornée de bustes. Entre la Galerie et cette aile s'étendait autrefois le Jardin des Sources, aujourd'hui défiguré, qui anticipait sur les parcs à l'anglaise du XVIIIe siècle. Enfin, derrière l'aile droite se trouve le Jardin du Roi, jardin privé décoré d'un bassin par Tuby. Côté Grand Canal, au pied du Salon des Glaces, le roi avait planté des orangers en pleine terre. Louis XIV avait voulu que ce jardin fût orné des fleurs les plus rares. Jacinthes, giroflées, véroniques, oeillets, lis, coquelourdes, développaient de tels parfums que le roi, selon les dires de Saint-Simon, dut un jour quitter son jardin. Le Bouteux avait mis au point un système de plantation en pots qui permettaient de changer rapidement les massifs. Environ un million de pots étaient nécessaires pour fleurir ce jardin, même durant l'hiver.
Le jardin français Installé au Grand Trianon, Louis XV, poussé par Madame de Pompadour, décida de construire une ménagerie, petite ferme avec vaches, moutons, volailles, entourée de potagers et vergers, qui préfigurait le Hameau de Marie-Antoinette. L'architecte Ange-Jacques Gabriel y adjoignit un jardin avec des constructions pour y déguster les produits récoltés. En 1749-1750 fut édifié le Pavillon Français, puis le Salon Frais en 1753. Un décor de treillages achevait la mise en valeur de ce petit jardin, creusé d’un bassin appelé Evergreen. Le tracé du Jardin Français fut peu à peu régularisé par le jardinier Belleville. Son achèvement coïncida avec la construction du Petit Trianon de 1761 à 1768. Développant son goût pour la botanique et l’agriculture, Louis XV fit édifier des serres chaudes et planter quelques fleurs et plantes rares, tels qu’ananas, caféiers, cactus, entretenus par les jardiniers Claude et Antoine Richard et étudiés par Jussieu. A partir de 1774, la création du parc anglochinois par Marie-Antoinette fit malheureusement disparaître le jardin botanique du roi. Sous Napoléon, le Grand Trianon fut relié au Jardin Français par un petit pont enjambant un chemin creux.
Le jardin anglais Désirant avoir sa maison de campagne, Marie-Antoinette se fit offrir le Petit Trianon par Louis XVI. Dès 1774, elle fit appel à l'architecte Richard Mique dont la première entreprise fut la création d'un jeu de bague avec galerie à l’arrière du château, sur l'emplacement du jardin botanique de Louis XV (1776). S’étant entourée des avis du comte de Caraman, bien secondée par son architecte, par son intendant Bonnefoy du Plan et par son jardinier Claude Richard, la reine fit procéder à d'énormes travaux de terrassement afin de créer un jardin de style anglo-chinois, alors à la mode, ponctué de "fabriques". Prenant exemple sur le marquis de Girardin au château d'Ermenonville, sur le duc d’Orléans au parc Monceau à Paris, Marie-Antoinette fit successivement construire le Temple de l'Amour (1778), qu’elle apercevait depuis sa chambre du Petit Trianon, la Grotte et le Salon du Rocher ou Belvédère (1778-1779). Ces constructions sont installées sur des rochers et des ilôts artificiels au milieu desquels coule une rivière. Plus loin, autour du Grand Lac, la reine, achevant son projet, fit édifier le Hameau de 1783 à 1785, petit village de rêve dans le goût d'une nature idéale. Le point d'orgue des visites des jardins du château de Versailles est assurément pendant "Les Grandes Eaux Musicales", d’avril à septembre ainsi que les Grandes eaux nocturnes certains samedis d’été. L'orangerie L'Orangerie actuelle, l'une des plus vastes du monde, a été construite par l'architecte Jules-Hardouin Mansart entre 1681 et 1688 afin d'abriter la collection d'orangers de Louis XIV. Elle a remplacé l'orangerie initiale, beaucoup plus petite, qui avait été édifiée par Le Vau en 1663. Cette seconde orangerie se compose de trois nefs. D'une longueur de 110 mètres chacune, deux sont situées sous les escaliers des Cent Marches. La troisième exposée vers le midi, présente des dimensions impressionnantes: 156 mètres de long; 11,90 mètres de large et 13 mètres de haut. L'épaisseur des murs de 5 mètres, le double vitrage des croisées et les portes d'accès permettent d'y maintenir en hiver la température entre 5 et 8 degrés. L'Orangerie abrite actuellement plus de mille arbres en caisse. Les arbres sont généralement exposés sur le parterre de l'Orangerie au printemps et rentrés vers le 15 octobre. Le château de Versailles en pratique Horaires d’ouverture Château de Versailles : ouvert tous les jours sauf le lundi et certains jours fériés, ou lors de cérémonies officielles. - 3 avril- 31 octobre : 9h-18h30 (dernière admission : 18h). - 1er novembre-31 mars : 9h-17h30 (dernière admission : 17h). Domaine de Marie-Antoinette : ouvert tous les jours sauf certains jours fériés - Jusqu’au 31 octobre : 12h – 19h30 (accès aux espaces intérieurs jusqu’à 18h, dernière admission) - 1er novembre – 31 mars : accès libre aux jardins du Petit Trianon Grand Trianon: ouverts tous les jours sauf certains jours fériés. - 3 avril -31 octobre: 12h-18h30 (dernière admission: 18h). - 1er novembre-31 mars: 12h-17h30 (dernière admission: 17h). Jardin - Jusqu’au 31 octobre, ouvert tous les jours de 8h à 20h30 (fermeture des bosquets à 18h) - 1er novembre - 31 mars, ouvert tous les jours de 8h à 18h (fermeture de certains bosquets) Musée des Carrosses: ouvert le samedi et le dimanche uniquement, pendant la saison estivale, de 9h à 18h30. Renseignements au 01 30 83 77 88. Tarifs Droit d’entrée (Billet valable toute la journée) - Château: 13,50 €. Tarif réduit: 10 € Avec audioguide en 8 langues, ce billet donne accès à : Chapelle et Opéra, Grands Appartements du Roi et de la Reine, Galeries de l’Histoire de France, Appartement du Dauphin, prince héritier, Appartements de Mesdames, filles de Louis XV (seulement le week-end), Musée des Carrosses. Gratuit pour les moins de 10 ans. - Domaine de Marie-Antoinette : 3 avril au 31 octobre : 18 ans et plus : 9€, 2h avant la fermeture : 5€ 1er novembre – 31 mars : 18 ans et plus : 5€, scolaires, moins de 18 ans et personnes handicapées : gratuit Abonnement annuel : 20€ - Jardin : accès gratuit (hors jours des Grandes Eaux Musicales) Renseignements Serveur vocal 01 30 83 77 77 Informations 01 30 83 78 00 - Source : Dossier de presse Château de Versailles
Parcs & jardins :
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