Le Trianon et le domaine de Marie-Antoinette à Versailles

En marge de la visite du Château de Versailles, les touristes découvrent avec surprise toute la magnificience du site du Trianon et du domaine de Marie-Antoinette. Une plongée dans le passé et dans la vie de la reine de France.

Trianon est le nom d’un petit village dont l’origine remonte au Moyen-Age.
En 1660, Louis XIV rachète les terres et les réunit au domaine de Versailles.

Le Grand Trianon
Situé sur l'emplacement du village de Trianon que Louis XIV fit raser, l'actuel palais fut précédé d'un premier château construit par Louis Le Vau en 1670, appelé Trianon de porcelaine en raison de son décor de faïence bleue. Tombé en ruine, il fut remplacé en 1687-1688 par le Grand Trianon, édifié par Jules Hardouin-Mansart. Bâtiment de style italien à un seul étage surmonté d'une balustrade autrefois ornée de sculptures, il se compose de deux ailes reliées par un péristyle.
Entièrement scandé de colonnes et pilastres de marbre rose, d'où son nom de Trianon de marbre, il fut la résidence de campagne de Louis XIV. La chambre du Roi fut d'abord installée dans l'aile gauche, puis à partir de 1703 dans l'aile droite, près des appartements de Madame de Maintenon. Le Grand Dauphin occupant désormais l’ancienne chambre du roi, la famille royale logeait dans l'aile de Trianon-sous-Bois, seule partie du bâtiment à posséder un étage à partir de 1705.
Quelque peu délaissé au XVIIIe siècle, bien qu'il fut occupé par la reine Marie Leczinska puis remeublé pour Louis XV et Madame de Pompadour, le Grand Trianon fut donné par Napoléon à sa mère en 1805, puis occupé par l'Empereur lui-même en 1810. Louis-Philippe le remania une dernière fois pour sa famille en 1836-1838. C'est à cette occasion que fut créée la chapelle, décorée de peintures du XIXe siècle. Une dernière chambre fut aménagée en 1845 pour la reine des Belges, fille du roi.
Résidence officielle des présidents de la République depuis le général de Gaulle, le Grand Trianon -ayant conservé ses boiseries d'époque Louis XIV- a été remeublé dans les années 60 avec du mobilier Empire et Louis-Philippe, tandis que les peintures, commandées par Louis XIV, ont retrouvé leurs emplacements. Inspirées des Métamorphoses d'Ovide, elles traitent de sujets mythologiques (Histoires d'Hercule, de Io, de Minerve), illustrant les noms des élèves de Le Brun : Verdier, Houasse, La Fosse, Coypel, Jouvenet.
De nombreux hôtes étrangers ont été reçus par la France au Grand
Trianon : les reines d'Angleterre et des Pays-Bas, le Shah d'Iran, les présidents américains Carter et Reagan, les présidents russes Gorbatchev et Elstine.

Le Domaine de Marie-Antoinette
La création du “Domaine de Marie-Antoinette” s’inscrit dans le projet du “Grand Versailles” qui a notamment pour ambition de rendre Versailles à ses contrastes, baroque et classique, dépouillement et extravagance, inspiration masculine, celle de Louis XIV, et inspiration féminine, celle de Marie-Antoinette succédant à Madame de Pompadour. Le Petit Trianon et ses jardins sont indissociablement liés au souvenir de Marie-Antoinette : elle est la seule Reine qui ait imposé son goût personnel à Versailles, prenant à revers la vieille Cour et ses traditions. Dans son domaine de Trianon que Louis XVI lui offre en 1774, elle trouve le havre d’intimité qui lui permet d’échapper à l’Étiquette. Nul ne peut y pénétrer sans son invitation.

Le Petit Trianon et le Jardin français
Encouragé par Madame de Pompadour, Louis XV s’offre de nouveaux lieux pour ses plaisirs en réalisant une extension de Trianon qui répond à l’intérêt qu’il semble marquer pour la zoologie, et surtout pour la botanique. A côté du nouveau Jardin français, l’un des derniers du genre, A.-J. Gabriel édifie “la Ménagerie”, ferme aujourd’hui disparue, et deux pavillons de collations : le Pavillon français, conçu comme un lieu de repos et de collation, et le Pavillon frais, salle à manger d’été destinée à la dégustation des produits provenant du potager et de la Ménagerie.
Également construit par l’architecte A.-J. Gabriel, le Petit Trianon vient couronner la composition du Jardin. Ce pavillon d’agrément, décoré par le sculpteur H. Guibert, est situé au centre d’un “jardin des plantes” créé par les jardiniers Richard père et fils et le botaniste B. de Jussieu. Conçu pour l’usage privé de Louis XV et de Madame de Pompadour, il est inauguré en juin 1769 en présence de Madame Du Barry. La reine Marie-Antoinette en fait son séjour préféré, transformant à l’anglaise une partie du Jardin. Le Petit Trianon est restauré et remeublé sous l’Empire (1804-1815) pour Pauline Borghèse, soeur de Napoléon Ier, et pour l’Impératrice Marie-Louise, puis à nouveau sous la Monarchie de Juillet (1830-1848) pour le duc d’Orléans, fils aîné de Louis-Philippe. En 1867, l’Impératrice Eugénie en fait un musée consacré à Marie-Antoinette. Le Petit Trianon annonce le style néoclassique. Le rez-de-chaussée s’organise autour du vestibule central et de son escalier d’honneur. Il comportait à l’origine une salle de billard, une salle des gardes, un réchauffoir et différentes autres pièces à l’usage du service. L’étage noble comporte : l’antichambre, la grande salle à manger, la petite salle à manger, le salon de compagnie, le boudoir ou Cabinet dit “des glaces” et la chambre de la Reine. L’entresol est constitué d’une Antichambre, d’une chambre à coucher et d’un cabinet. Enfin, au second étage, sont regroupés trois pièces principales et cinq autres appartements dits des “seigneurs”.

Le Théâtre de la Reine
L’un des plus beaux théâtres historiques d’Europe s’ouvre au public révélant un aspect méconnu de la vie de Marie-Antoinette. Pour parfaire son français, Marie-Antoinette prend des cours de comédie alors qu’elle est encore à Vienne.
De là vient sans doute son goût pour le théâtre, ainsi que des pièces qu’elle jouait en famille, en Autriche.
En 1777, Marie-Antoinette demande à Richard Mique de s’inspirer des plans de la salle du château de Choisy construit par Gabriel pour Madame de Pompadour. Les travaux, commencés en juin 1778, sont achevés en août 1779. Dissimulé entre la montagne et la charmille du Jardin Anglais, le bâtiment a l’apparence d’une dépendance sans caractère. Un porche à l’antique flanqué de deux colonnes ioniques surmontées d’un petit fronton sculpté par Deschamps est le seul décor visible. L’intérieur de la salle est tendu de bleu et les consoles du balcon figurent des dépouilles de lion, l’animal emblème des rois. Le parterre est encadré de deux baignoires ceinturées de balustrades et d’un balcon au premier étage. Les décors sculptés sont en carton-pâte, en cohérence avec le caractère non-officiel du théâtre. Seul luxe décoratif : un rideau en taffetas de soie brodé d’or vendu en 1794.
Le théâtre n’est inauguré qu’en août 1780 à l’occasion des fêtes organisées à Trianon. Plusieurs représentations y sont données, en compagnie d’une Reine tantôt actrice, tantôt spectatrice, notamment : La Gageure imprévue et Le roi fermier de Sedaine ; Le Devin de Village de Jean-Jacques Rousseau. Après la mort de Marie-Thérèse, le 29 novembre 1780, la Reine ne joue plus. Elle devient spectatrice, pour un temps, des représentations données par les acteurs de la Comédie Française, de la Comédie Italienne et de l’Opéra : l’Iphigénie en Tauride de Gluck est montée en l’honneur de l’empereur Joseph II en 1781. En 1782, lors de la visite discrète du Tsarévitch, fils de Catherine II de Russie, on applaudit Zémyre et Azor de Grétry. Le 15 septembre 1785, la Reine joue son dernier rôle dans le Barbier de Séville, opéra comique de Païsiello, d’après la pièce de Beaumarchais.

Le Jardin anglais
Sacrifiant partiellement le jardin botanique de Louis XV, Marie-Antoinette charge son architecte Richard Mique et le peintre Hubert Robert de créer un jardin plus pittoresque, à l’anglaise, rythmé par un ruisseau, ponctué de fabriques, de pelouses, de perspectives et d’allées sinueuses. Juchés sur un îlot artificiel, le Belvédère, ou salon de Musique et la Grotte surplombent un petit lac et offrent un large panorama du Jardin anglais. Le Temple de l’Amour, construit au milieu d’une île, parachève le paysage.
La tempête du 26 décembre 1999 a particulièrement affecté le secteur de Trianon et les couloirs de vents, d’une violence extrême ont provoqué un irrémédiable traumatisme dans les peuplements arborés anciens encore subsistants, notamment sur des sujets “remarquables”, issus de la création du jardin dans les années 1780, comme le célèbre Tulipier de Virginie. Face à cette très grave destruction du patrimoine arboré, un programme général de restauration a été défini et mis en oeuvre dès le début 2002, afin de retrouver une composition cohérente mais également plus strictement conforme au projet initié et voulu par la reine Marie-Antoinette dans les années 1780.

Les fabriques du Jardin Champêtre de Trianon
Les différentes fabriques ponctuant le Jardin Champêtre créent, par leur diversité et leur dispersion, autant de centres autour desquels s’ordonne le décor que forment les arbres, pelouses, rochers ou pièces d’eau. Constructions miniaturisées, à l’échelle du site et de son décor végétal d’origine, elles sont toutes exécutées entre 1777 et 1787.

Les différentes fabriques se répartissent selon les quatre catégories habituellement retenues pour ces ouvrages d’architecture des jardins pittoresques, à savoir :

  • Les fabriques classiques inspirées de l’Antiquité : Temple de l’Amour, Belvédère, Porte Saint-Antoine
  • Les fabriques exotiques : Jeu de Bague de style “chinois” (aujourd’hui disparu)
  • Les fabriques naturelles : Rocher, Grotte, enrochements de la rivière
  • Les fabriques rustiques : Maisons villageoises du Hameau de la Reine Chaque fabrique est associée, à l’origine, à un décor végétal particulier : rideau de peupliers en fond de scène du Belvédère, large silhouette de saules pleureurs épaulant celle du Temple de l’Amour, écrins de grands arbres à l’arrière des maisons du Hameau de la Reine, qui possèdent des jardinets clos.

Le Hameau de la Reine
Suivant l’exemple du prince de Condé à Chantilly, la Reine veut avoir son propre village pour jouir des plaisirs de la campagne avec ses enfants. De 1783 à 1785, Richard Mique construit le Hameau, de style normand, en s’inspirant des dessins du peintre Hubert Robert. Douze chaumières entourées de jardins potager et fleuriste, étaient originellement disposées autour du Grand Lac. Un peu à l’écart se situe la Ferme d’où la Reine obtient le lait qu’on lui sert dans des porcelaines de Paris dans la Laiterie de propreté qui possède une belle table de marbre blanc refaite sous Napoléon. Située au pied de la tour de la Pêcherie, aussi appelée Tour de Marlborough*, première construction du Hameau (1783), elle est doublée par une laiterie de préparation (détruite).
Sous l’Empire, le Hameau est remeublé avec délicatesse pour l’Impératrice Marie-Louise (1811). Les bâtiments sont restaurés grâce à la générosité de John D. Rockefeller Jr et de ses enfants au début du XXe siècle. La ferme est quant à elle concédée depuis 1993 à l’association Assistance aux Animaux qui s’emploie à la restaurer et à l’animer.
Marie-Antoinette possédait sa propre maison, la seule couverte de tuiles. Le rez-de-chaussée était occupé par une salle à manger ; à l’étage se trouvaient une salle des gardes, un salon et un cabinet de jeu. Cette maison luxueusement meublée par Georges Jacob et Jean-Henri Riesener était reliée au Billard par une galerie de bois. Sur les escaliers étaient disposés des pots de fleurs au chiffre de la Reine, en faïence de Saint-Clément (manufacture de Lorraine). Les intimes que Marie-Antoinette conviait dans ce petit village jouissaient aussi de toutes les commodités. La Grange (détruite) servait de salle de bal, et l’on trouvait même un boudoir près de la Maison de la Reine.
Subsistent le Moulin, avec sa roue à eau, la Maison du Garde, le Colombier et le Réchauffoir (cuisine).
* En 1722, à la mort du duc de Marlborough, général anglais, avait été composée une chanson (Marlborough s’en va-t-en guerre) qui connut un vif succès lorsque Beaumarchais la fit chanter par Chérubin dans Le Mariage de Figaro. Elle fut révélée à la Cour par la nourrice du Dauphin, et devint si célèbre qu’on en donna le nom à la tour du Hameau.

Le château de Versailles en pratique
Horaires d’ouverture
Château de Versailles : ouvert tous les jours sauf le lundi et certains jours
fériés, ou lors de cérémonies officielles.
- 3 avril- 31 octobre : 9h-18h30 (dernière admission : 18h).
- 1er novembre-31 mars : 9h-17h30 (dernière admission : 17h).
Domaine de Marie-Antoinette : ouvert tous les jours sauf certains jours fériés
- Jusqu’au 31 octobre : 12h – 19h30 (accès aux espaces intérieurs
jusqu’à 18h, dernière admission)
- 1er novembre – 31 mars : accès libre aux jardins du Petit Trianon
Grand Trianon: ouverts tous les jours sauf certains jours fériés.
- 3 avril -31 octobre: 12h-18h30 (dernière admission: 18h).
- 1er novembre-31 mars: 12h-17h30 (dernière admission: 17h).
Jardin
- Jusqu’au 31 octobre, ouvert tous les jours de 8h à 20h30 (fermeture des
bosquets à 18h)
- 1er novembre - 31 mars, ouvert tous les jours de 8h à 18h (fermeture de
certains bosquets)
Musée des Carrosses: ouvert le samedi et le dimanche uniquement, pendant la saison estivale, de 9h à 18h30.
Renseignements au 01 30 83 77 88.
Tarifs
Droit d’entrée (Billet valable toute la journée)
- Château: 13,50 €. Tarif réduit: 10 €
Avec audioguide en 8 langues, ce billet donne accès à : Chapelle et Opéra, Grands Appartements du Roi et de la Reine, Galeries de l’Histoire de France, Appartement du Dauphin, prince héritier, Appartements de Mesdames, filles de Louis XV (seulement le week-end), Musée des Carrosses. Gratuit pour les moins de 10 ans.
- Domaine de Marie-Antoinette :
3 avril au 31 octobre : 18 ans et plus : 9€, 2h avant la fermeture : 5€
1er novembre – 31 mars : 18 ans et plus : 5€, scolaires, moins de 18 ans et personnes handicapées : gratuit
Abonnement annuel : 20€
- Jardin : accès gratuit (hors jours des Grandes Eaux Musicales)

Renseignements
Serveur vocal 01 30 83 77 77
Informations 01 30 83 78 00

  • Source : Dossier de presse Château de Versailles

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