La Place Stanislas à Nancy

En 2005, à l’issue de deux ans de travaux, la Place Stanislas, aujourd’hui totalement piétonne, retrouve sa splendeur d’origine, dotée d’un pavement clair avec deux diagonales de pavés noirs qui structurent encore l’espace. Les grilles sont restaurées, ainsi que les éléments décoratifs et sont ravalés les bâtiments qui la bordent.

Elle, qui a toujours été le coeur de la ville devient plus encore : blanche et or, lieu de rencontres et de flânerie, objet de fierté pour les Nancéiens, elle offre ses terrasses et ses fontaines, dans une ambiance à l’italienne. On s’assied pour mieux contempler la beauté des lieux sur les lisses de bois qui en font le tour. En soirée, la place s’illumine d’argent et d’or et la magie opère.
Bel exemple du classicisme français édifié par Emmanuel Héré, la place Stanislas est entourée de grilles finement ouvragées et rehaussées d’or, réalisées par le ferronnier Jean Lamour et de fontaines majestueuses, dessinées par Barthélemy Guibal.
Vers le milieu de 1751, Stanislas fait part de son projet de place royale qu’il souhaite édifier à la gloire de son gendre Louis XV et pose le 18 Mars 1752 la première pierre d’une place de 106 m sur 124 m qui comprendra :
- Le Pavillon de l’Hôtel de Ville (toujours Hôtel de Ville de Nancy)
- Le Pavillon Alliot (actuellement Grand Hôtel de la Reine) - L’Hôtel des Fermes (actuellement Opéra National)
- L’Hôtel du Collège de Médecine et de Chirurgie (actuellement Musée des Beaux Arts)
- Le Pavillon Jacquet, qui demeurera toujours une propriété privée
Le côté des bastions, vers la place de la Carrière, pose alors problème, les militaires exigeant des bâtiments peu élevés pour permettre les tirs d’artillerie.
Cette condition impérative sera à l’origine d’un trait de génie de Héré qui ferme la place au nord par les « basses faces », bâtiments limités à un rez-de-chaussée, ce qui ajoute encore à la légèreté et au raffinement de la Place
Si Emmanuel Héré, l’architecte de la place royale, respecte l’ordonnance dite classique héritée de Mansart, il en tempère le jeu de lignes horizontales et verticales par des apports ponctuels traités dans un répertoire rococo - baroque, donnant naissance en Lorraine à un art dont l’une des particularités réside dans ce traitement subtil du vocabulaire ornemental.
Haute de près de quatre mètres, la statue de bronze de Louis XV, oeuvre de Guibal, s’élevait au centre de la Place. Elle fut détruite à la Révolution comme tout ce qui rappelait directement la monarchie, les bas-reliefs, les armoiries, les fleurs de lys et les chiffres royaux...
En 1831, on inaugure la statue de Stanislas, oeuvre de Jacquot. L’ancienne place royale devient la place Stanislas.
En 2003, des recherches permettent de retrouver en Moselle, une huile sur toile, anonyme, propriété du marquis de Pange, unique représentation picturale de la place à son origine, et d’exhumer les cahiers de dépenses du chantier de 1751. Ces éléments permettent de rénover la Place en s’inspirant au plus près de celle de Stanislas.
Les grilles de Jean Lamour et les fontaines
Simples panneaux entre les pavillons, portiques aux angles de l’Hôtel de Ville, arcs de triomphe au dessus des fontaines, la composition des grilles dues au ferronnier Jean Lamour et auxquelles Nancy doit son surnom de Ville aux portes d’Or, est avant tout une oeuvre architecturale.
Entièrement dorées « à la feuille », on y retrouve le double chiffre de Louis XV, glorifié par un rameau de laurier, les coqs annonciateurs du jour, symboles de vigilance et les fleurs de lys.
Aux angles, du côté des « basses faces », devant des masses de verdure, des fontaines apportent la vie à la pierre.
Le sculpteur Barthélémy Guibal coule dans le plomb deux groupes : à l’Est, du coté de l’Opéra, Amphitrite, fontaine modifiée dès 1791 pour permettre l’accès à la Pépinière et, à l’Ouest, vers le Musée des Beaux Arts, Neptune brandissant son trident.
Les deux grilles concaves – dites « en tour creuse » sont exactement semblables et leurs portiques reprennent avec quelques variantes ceux qui s’ouvrent de part et d’autre de l’Hôtel de Ville.
L’Hôtel de Ville ferme le côté sud de la Place. :
Trois avants-corps ponctuent la façade qui comprend trois niveaux d’élévation :
- Le rez-de-chaussée est percé d’ouvertures en plein cintre
- Un bandeau mouluré le sépare des deux autres niveaux d’élévation embrassés par un ordre colossal corinthien
Sur une balustrade, sont disposés en alternance des groupes d’enfants et des pots à feu.
L’avant corps central est surmonté d’un fronton triangulaire orné des armoiries de Stanislas et de celles de la Ville.
Les portes s’ouvrent sur un péristyle qui mène à l’escalier d’honneur. Ce dernier se pare d’une rampe en fer forgé, oeuvre de Jean Lamour. Les fresques qui en décorent les murs sont dues à Girardet.
L’escalier conduit au Salon Carré, salon à l’italienne, qui était l’antichambre des appartements royaux.

  • Source : dossier de presse OTSI Nancy

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