La cathédrale Notre-Dame d’Amiens

Véritable prouesse technique, la cathédrale Notre-Dame d’Amiens est l’un des plus beaux fl eurons de l’architecture gothique classique. Inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1981, elle s’impose depuis sa restauration comme la principale référence dans l’étude et la découverte de la polychromie des portails gothiques...

La cathédrale Notre-Dame d’Amiens fut construite à partir de 1220 par l’évêque Évrard de Fouilloy afi n de remplacer un édifi ce plus ancien.
Elle est édifi ée rapidement, la pose de la pierre centrale du labyrinthe, en 1288, étant retenue pour marquer l’achèvement des travaux. Même si l’art gothique, encore classique, y annonce les voies de l’art rayonnant, elle présente une grande unité. Au sein de l’évolution de l’architecture gothique, la cathédrale d’Amiens est un édifi ce majeur,
en Picardie comme en Europe occidentale.
La construction
Le chantier de construction s’inscrit dans une période de prospérité
économique pour Amiens. Ouvert en 1220, il est conduit par trois maîtres d’oeuvre successifs.
Il faut probablement attribuer le plan de l’édifi ce, à l’exception du chevet, à Robert de Luzarches.
Il élève les collatéraux de la nef jusqu’aux voûtes ainsi que les porches de la façade occidentale.
Thomas de Cormont poursuit l’oeuvre par le déambulatoire et ses chapelles rayonnantes, puis les parties hautes de la nef qu’il voûte. Le style de son fils, Renaud de Cormont, se révèle différent. Ce maître monte les superstructures du choeur et de l’abside et lance à 42 mètres les voûtes de la croisée et des parties orientales. En dépit d’un incendie survenu en 1258, la construction fut rapide. En 1269, lors de la pose du vitrail central du choeur, le gros oeuvre de l’édifice est presque achevé. Par la suite, de 1290 à 1375, les murs latéraux des bas côtés de la nef sont percés, entre les contreforts, de chapelles latérales. Quant aux deux tours de la façade occidentale, leur construction est assurée de 1365 à 1402. Détruite par la foudre en 1528, la fl èche est renouvelée par celle que l’on admire toujours et qui culmine à 112,70 mètres.
Le plan
Le plan est harmonieux. La nef de sept travées est fl anquée à l’origine de bas côtés simples.
Le transept saillant, dont les bras profonds de trois travées sont eux aussi dotés de collatéraux, précède le sanctuaire. Celui-ci, au-delà de quatre travées droites, se prolonge par une abside à sept pans. Les collatéraux internes du sanctuaire sont reliés par un déambulatoire, tandis que sept chapelles rayonnantes correspondent aux bas-côtés externes.
Longueur de la cathédrale d’est en ouest : 145 mètres
Largeur au transept : 70 mètres
Largeur de la nef (avec bas-côtés et chapelles) : 40 mètres
Hauteur sous voûte : 42,30 mètres
Superficie : 7700 m2

Au Moyen-Âge, le décor sculpté des églises, ainsi que certains éléments d’architecture, étaient peints de couleurs éclatantes. Les polychromies, retrouvées sur les portails de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, révèlent l’utilisation dès le XIIIe siècle de couleurs vives sur l’ensemble des sculptures.
Pour cet édifi ce, dédié à Notre-Dame, le portail de la Vierge est tout particulièrement mis en valeur au Moyen-Âge par les couleurs des sculptures, vives et éclatantes dans la journée. À cette “mise en scène”, il faut ajouter que les pierres des voûtes tendues au-dessus du porche portent encore la marque des lampes que l’on faisait brûler la nuit pour permettre de soutenir, par le “spectacle de la lumière colorée”, la dévotion des fi dèles.

Une restauration exemplaire
Le nettoyage au laser du portail sud dédié à la Vierge, dit portail de la Mère-Dieu, a commencé en 1992. Testé durant plusieurs années au laboratoire de recherche des Monuments Historiques de Champs-sur-Marne, ce fut la première fois que le laser fut utilisé en vraie grandeur grâce à la mise en place d’un laser mobile.
La technique du laser, devenue célèbre à Amiens, est appelée aussi désincrustation photonique.
Elle consiste en des particules de lumière de faible intensité, émises à une forte puissance, suivant des impulsions très courtes. L’onde provoque ainsi une microrésonnance dans la couche de salissure qui se détache par effritement. Agissant par effleurement, le laser conserve à la surface de la pierre son intégrité.
Sur les parties nettoyées, tant au portail de la Mère-Dieu qu’à celui du Beau-Dieu, là où les intempéries et les ravages du temps ont fait leur oeuvre, seules quelques traces de polychromie ont été révélées sur les quadrilobes du soubassement et sur certaines statues colonnes.
En revanche, dans les ébrasements, les voussures et les tympans, ressurgissent les bleus, les verts, les rouges, les ocres, les ors...
Ces peintures furent réalisées au XIIIe siècle, même si certaines teintes ont changé au cours des siècles en fonction de l’évolution du goût ou de la liturgie. Par cette révélation progressive des couleurs, la preuve est donc apportée à Amiens que les cathédrales gothiques l’Europe avaient leurs façades peintes.
À noter que des études scientifi ques livrées par les spécialistes depuis l’achèvement de la restauration de la statuaire continuent d’enrichir la connaissance des couleurs utilisées à l’époque médiévale à Amiens.
Il est désormais acquis qu’Amiens est le lieu de naissance du débat sur la restitution partielle et réversible, sur indication scientifi que, d’un certain nombre d’éléments sculptés qui permettraient l’évocation de ce que furent les cathédrales.
S’il ne semble pas imaginable de repeindre la totalité de la façade occidentale de Notre-Dame d’Amiens, il est tout à fait concevable de recourir à d’autres moyens. La lumière en fait partie.

  • Source : dossier de presse OT de la Somme

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